samedi 22 septembre 2012

"PAR LA FORCE OU LE DROIT"


J'ai grandi à Lorient près du centre de Kerpape. J'ai appris à connaître et comprendre le handicap, parfois lourd. J'ai rencontré aux travers de personnes que la vie n'a pas épargnées en ce sens, le meilleur de l'humanité. Toutes ces valeurs que notre « validité » nous estompe parfois sont exacerbées dans le handicap. Tous ces états qui compliquent nos vies, jalousie, convoitise, rancoeur, haine, avarice… n'ont plus de place lorsque le moindre geste ou déplacement devient insurmontable. 
Pour quelqu’un qui ne peut que communiquer que dans un regard, l’essentiel est un but et une évidence. Si les mots peuvent tromper, les yeux non.

En voyant un jour un reportage sur un couple de tétraplégique qui désirait un enfant, j’ai fait preuve d’une réaction d’incompréhension que j’ai vite regrettée. Mon côté pragmatique et logique m’a fait égoïstement penser à l’aspect quotidien de ce couple qui ne pourrait pas faire face normalement à l’éducation d’un enfant. L’intérêt de l’enfant me parut en premier plan évident.
Au-delà de cet aspect discutable, l’enfant que j’ai été et qui a grandi auprès d’handicapés qui m’ont appris la valeur humaine a vite repris le dessus. De quel droit pouvons-nous décider du sort d’autrui surtout lorsque la motivation première est le sentiment le plus fort ; donner la vie avec le meilleur de soi-même.

J’ai écrit cette chanson  avec la collaboration de Jean Dauriac pour le texte  et la musique avec Henri Gravier.

Sur ce sujet assez occulté, j'ai voulu ouvrir le débat, non pas pour qu’une vérité ou solution soit trouvée, mais pour que les esprits s’empreignent d’autres aspects du handicap et dont les tabous rompent toute communication naturelle.
La loi à donné des droits aux personnes handicapées mais la société leurs doit encore beaucoup de reconnaissance, d’écoute et de compréhension, notamment dans le domaine social.

Des membres de ma famille ayant travaillé auprès de cette population n’ont fait que conforter mes convictions.
Un couple handicapé qui veut avoir un enfant, vivre pleinement (assisté ou pas) sa sexualité, aborder les aspects du quotidien ou tout simplement parler d’amour, doit pouvoir le faire de la même façon qu’une personne valide, en tous cas devant quiconque et sans gêne des deux côtés.
Les non-dits sont encore lourds dans ces domaines.

Cette chanson saura, je l’espère faire passer la première pilule et délier les langues afin que cela se fasse tout naturellement par la force du sujet ou le droit des intéressés.

Pascal Dorient.

Lien Youtube de cette chanson:

http://www.youtube.com/watch?v=iCRtmziw2wc