vendredi 12 avril 2013

Je ne pensais pas qu’il y ait pire chose que de perdre un être cher que l’on a vu chaque jour de sa vie à ses côtés.
Après découverte de la maladie d’Alzheimer et réflexion sur ce mal qui va prendre une ampleur considérable pour les générations qui vivent de plus en plus longtemps et dont nous faisons partie, j’ai pris conscience que de se trouver face à ce même être cher pour lequel on devient un étranger, outre le fardeau au quotidien d’un individu qui perd son autonomie, l’aspect destructeur du lien affectif qui nous tient à lui est une mort lente et insupportable.
Est-ce Dieu qui s'amuse à voir comment l'amour peut tenir ou nous changer face à de tels évènements?

Comment en faire une chanson ? J’aime les sujets lourds et j'apprécie le risque en la matière. Je me plais à tenter de les aborder avec des mots simples. L’écriture et la musique m’ont été d’un grand secours à certains moments de ma vie.
La poésie est un exutoire fabuleux et un lien affectif puissant entre ceux qui l’expriment et ceux qui la ressentent.
Cette même poésie étant l’expression timide de la souffrance, elle devient une clé pour ouvrir des portes closes en soi comme dans le coeur d’autrui.
N’aurions-nous pas fait un monde meilleur en envoyant des poètes à travers le monde plutôt que des soldats ?

Je me suis projeté dans cette réflexion et afin de ne pas tomber dans la gravité que cette situation impose. J’ai laissé ma plume et mon coeur s’exprimer en faisant la seule chose qu’il me semble possible de faire pour l'instant, mettre donc un peu de poésie là où les mots perdent toute leur importance.

Les médecins font avancer la recherche et les poètes (si l'on m'autorise ce titre car nous en sommes tous) tentent de faire passer la pilule en attendant le remède contre cette saloperie.
Je pense en tout cas même si je ne suis pas confronté à cette épreuve de la vie, à tous ceux qui n’ont d’autres choix que de s’y soumettre...
http://www.youtube.com/watch?v=E_pnSzSom8g