mardi 8 avril 2014

"Je reviendrai à Montréal" (Robert Charlebois) par Pascal Dorient

J'aime profondément ceux qui s'attachent à leur terre et leurs racines. J'aime encore plus ceux qui rendent hommage et chantent tout l'amour qu'ils ont pour leurs origines.

J'aime aussi les voyageurs qui s'arrêtent un jour quelque part, par amour de l'endroit ou des gens qui y vivent.

Robert Charlebois aura rendu par son cœur toute l'énergie que lui a donnée ce coin de terre Nord Américain. Je comprends ce sentiment puissant, cet attachement à une culture ou une terre malgré les éléments, je suis Breton.

Si enfant, dans mes yeux rêveurs qui fixaient le large de ma Bretagne natale fut un continent ou une terre, il ne devait sans doute s'agir que du Québec. Maintenant j'en suis convaincu.

L'histoire de cette migration d'une partie de nos ancêtres et la valeur des premiers pionniers jusqu'à leurs descendants les plus récents font que je me suis promis, non, juré d'aller un jour sur cette terre pour dire ou chanter tout l'amour et l'admiration que j'ai pour ces gens.

J'aime cette histoire entre le Québec et la France. Je ne pensais pas qu'il fut possible pour un peuple déraciné aussi violemment comme le fut les Français de le nouvelle France d'alors de transmettre à travers des générations la mémoire et l'attachement à ses origines.
Je pense que la misère et l'obligation de quitter sa terre natale laisse une empreinte indélébile dans l'histoire des familles. Cette rupture contre nature marque d'une pierre les lieux et les cœurs.
Les Québécois auront à mon sens gardé le meilleur de la France patriote qui s'évapore peu à peu de notre vieux continent.

A chaque fois que le hasard de la vie m'a permis de croiser des Québécois, mon cœur s'en est enrichi.
Leur accent m'enchante, j'y entends la langue de chez nous, empreint d'un terroir de France qui ne les a jamais quittés. Comme ceux de nos provinces qui roule encore à travers chaque région, j'y reconnait toute l'importance de l'histoire et la richesse de notre pays.

Cette chaleur rayonnante dans leurs yeux envers nous, vieux Français m'a toujours profondément touché. Si nous pouvions encore aimer la France autant qu'eux !
Ils aiment encore plus et c'est bien compréhensible, leur pays. Ils l'aiment encore plus à travers cette lutte socio-culturelle contre l'envahissement d'une culture Américaine qui ne partage rien et qui tente sans cesse d'englober cette province qui résiste comme une enclave minuscule tel le village Breton d'Astérix.

La valeur humaine de ses gens, que les éléments difficiles ont forgée avec le temps, leur détermination à vouloir défendre leur identité minoritaire m'impressionne car je suis pareil.
Chez moi, un poète Breton qui s'appelait Glenmor, disait: “Avoir tort, c'est avoir raison, seul contre tous!“. Tout est dit.

Et le jour où la France aura perdu tout sens de l'orientation ainsi que la trace de ses pas qui l'ont mené à devenir un grand pays, lorsque que cet Alzheimer de gauche très à la mode en ce moment aura fait son travail à défaire tout un pays de sa fierté sous prétexte de son histoire colonisatrice sans doute discutable, lorsque ce jour viendra, celle que l'on appelait Marianne saura encore je l'espère se retourner vers ses derniers enfants qu'elle a un jour vu partir et qui ont emporté en la quittant ce sentiment puissant et revendicateur d'une patrie où chacun se confortait d'où qu'il vienne, vers un sentiment unique et fédérateur qu'on appelait la patrie.

Cette hymne du cœur de Robert Charlebois ne fait que conforter ce sentiment et est l'occasion de le manifester en le chantant bien modestement, à ma façon.

Vive le Québec libre, il va de soit, mais vivent les Québécois libres d'aimer ce qu'ils ont de plus cher.

Si leur devise est : "Je me souviens", qu'ils sachent que du côté du vieux continent, nous ne les oublions pas !